Nouveau Roman de Setâre Enayatzadeh : Hava


Extrait du roman à paraître…

Mehran ne faisait pas partie de ceux dont l’impertinence se confondait arbitrairement, dans mon esprit, à une forme de beauté virile, beauté dont la réalité était scellée par cette fameuse trace que laissait la rencontre avec la mort au dessus des regards. En fait, toute la beauté de Mehran, beauté qui ne se voit pas mais qui se découvre et explose avec la même intensité que celle des révélations de secrets de famille, résidait justement dans la douceur presque féminine de son regard. Ce jeune homme qui passait dans la rue n’était qu’un être ordinaire, au teint étrangement gris, aux cheveux désordonnés, à la démarche trop discrète pour qu’on puisse y déceler une assurance pourtant indéniable. Mais le garçon qui s’asseyait en face de vous, dans les courants d’air pénétrants et dérangeants d’une brasserie mal chauffée, vous contraignait du regard à l’oubli du contexte, à l’exception peut-être du fait que seule cette fichue table bancale et par endroit poisseuse séparait vos deux corps. De petits gestes nerveux secouaient ses longues digressions comme pour accompagner ses explications d’une once de vécu, de toute la profondeur de sa propre compréhension de la chose… Sa voix, loin de celles, graves et presque rocailleuses, des hommes qui avaient jusque là bercé ma féminité, été d’une douceur pleine d’intelligence, ou plutôt d’une sagesse apaisante et qui n’appelait étrangement pas à l’étonnement du fait d’un décalage pourtant certain qu’elle dessinait avec son jeune âge. Ce qui me surprit le jour de notre rencontre, puis tous les jours qui suivirent d’ailleurs, résidait en ces quelques petites traces que les désirs dévorants des amantes dessinent aux dessus des cols. Mehran me semblait trop pudique pour offrir des miettes de moments intimes à la vue de tous.


من فکر نمی کنم مهران از آن دسته آدمهایی بود که وقاحت را باری به هر جهت با نوعی زیبایی مردانه بیامیزد. زیبایی که ذاتش – ممهور به آن نشانه های آشنایی که از ملاقات با مرگ بجا می ماند – دور از دیدرس بود. در واقع زیبایی مهران- آن زیبایی ناپیدا و با این وجود کشف شدنی با شدتی که معمولا رسوایی های خانوادگی برملا می شوند فوران می کرد و در لطافت تا حدی زنانه نگاهش آرام می گرفت. این جوانک با چهره ای به طرز غریبی خاکستری وموهای به هم ریخته در نظر رهگذران آدمی معمولی می نمود و رفتارش چنان محتاط بود که در آن حتی نشود اطمینانی انکار ناپذیر را پیدا کرد. اما پسرک مقابل شما در کوران سوز ناخوشایند درون آن آبجو فروشی خنک نگاهش الزام به نسیان شرایط بود تنها اگر آن میز لق لعنتی که همه جایش نوچ بود بین بدنهاتان فاصله نمی انداخت. با حرکات خفیف عصبی اش انگار می خواست حاشیه روی های بیپایانش را از خود بتکاند تا شاید جویی از آنچه بر او گذشته بود را به عمق همه ادراکش روایت کند. صدایش دور از صدای کلفت و بعضا خشن مردانی که تا آن زمان زنانگی مرا فریفته بودند پر بود از لطافتی سرشار از ذکاوت یا شاید از خردی تسلی بخش که به رغم کمی سنش به شکل جالبی باعث تعجب نمی شد

Traduction par Mehran Kordi

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